L’augmentation de l’espérance de vie en Suisse pose une question centrale: comment préserver son autonomie le plus longtemps possible? Selon la gériatre Ilaria Sabione, médecin associée au service de gériatrie aiguë de l’Hôpital fribourgeois (HFR), l’activité physique constitue l’un des principaux leviers pour bien vieillir, même lorsque l’on débute après 60, 70 ou 80 ans.
La spécialiste insiste sur l’importance d’une reprise progressive. L’objectif n’est pas la performance sportive, mais l’intégration régulière du mouvement dans le quotidien. Des activités simples comme la marche, le jardinage ou la montée des escaliers peuvent constituer un bon point de départ. Le choix d’une activité appréciée est également déterminant pour maintenir la motivation sur la durée.
Chez les personnes âgées, l’exercice physique contribue notamment à préserver la masse musculaire, l’équilibre et la densité osseuse. Il peut aussi participer à la réduction des douleurs liées à l’âge en améliorant la mobilité et en renforçant les muscles. Concernant l’arthrose, si son apparition ne peut pas toujours être évitée, une activité régulière permet d’en limiter les conséquences fonctionnelles.
La peur de souffrir en bougeant constitue souvent un frein. Pourtant, selon Ilaria Sabione, l’inactivité tend à aggraver la perte de force et les raideurs. Elle souligne qu’il existe une différence entre une gêne passagère liée à l’effort et une véritable douleur d’alerte nécessitant une attention particulière.
La gériatre rappelle également que le vieillissement n’entraîne pas automatiquement une perte d’autonomie. Une partie importante des difficultés rencontrées avec l’âge est associée à la sédentarité, à la dénutrition ou à l’isolement. Des bénéfices restent possibles même lorsqu’un changement d’habitudes intervient tardivement.
Les recommandations en Suisse préconisent entre 150 et 300 minutes d’activité physique modérée par semaine, ou entre 75 et 150 minutes d’activité soutenue. À cela s’ajoutent des exercices de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine et des exercices d’équilibre trois fois par semaine. Toutefois, la spécialiste souligne que toute activité supplémentaire est déjà bénéfique, même lorsque ces objectifs ne sont pas atteints.
Source : entretien avec Ilaria Sabione, médecin associée au service de gériatrie aiguë de l’Hôpital fribourgeois, publié dans La Liberté (« Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre, même à 60, 70 ou 80 ans, assure une gériatre », juin 2026).






